Les entreprises de la région.
Elle est partout, insidieuse. Dans les tuyaux d'incendie,les poteaux de soutènement, sur les coques des bateaux. Corrodys s'attaque au fléau.
La corrosion du métal, la rouille, les bactéries coûtent cher aux industriels. Et les conséquences économiques de ces attaques naturelles peuvent être énormes.
À Cherbourg, le laboratoire Corrodys s'en préoccupe depuis 2003. Cette entité de quinze personnes : ingénieurs, chercheurs et techniciens, est soutenue par l'université qui, d'ailleurs, accueille leurs nouveaux laboratoires. Leurs clients sont nombreux : construction navale, industries du béton, de l'acier, de l'agroalimentaire...
Prédire le risque
Depuis un an et demi, Corrodys est leader d'un programme européen. Il s'agit d'étudier certains aspects de la dégradation des infrastructures portuaires. « La corrosion des métaux est influencée par des micro-organismes, des bactéries », explique Émilie Malard, coordonnatrice du projet. « Nous étudions les différences de corrosion en zone portuaire au niveau des basses eaux. Nous déterminons quelles espèces de bactéries sont impliquées. Nous voulons savoir pourquoi ces attaques interviennent. »
Les recherches dureront trois ans. Trois ports européens participent au projet. Arcelor Mittal, le géant de l'acier, également. « Les industriels sont intéressés par une meilleure compréhension de ces phénomènes. L'objectif est de disposer d'un outil de prédiction du risque. »
Corrodys concentre plus de 50 % de son activité dans le domaine maritime. Mais il y a du travail partout. « Il existe huit types de corrosion. Elle peut être chimique ou mécanique. La simple circulation d'un fluide ou d'un gaz dans un tuyau peut entraîner ce phénomène », commente Béatrice Kopczynski, responsable commerciale de Corrodys.
En quelques années, le laboratoire cherbourgeois est devenu un centre d'expertise reconnu par les industries et la recherche internationale. « L'étude des corrosions est relativement jeune. Une cinquantaine d'années. Concernant les bactéries, notre spécialité, les premières publications datent d'une vingtaine d'années. »
On en est au tout début de cette science prometteuse. Et le champ des découvertes et de leurs applications est vaste. Un exemple : Corrodys valide l'utilisation de biocides. Un biocide ? « Il doit satisfaire à trois critères : supprimer les micro-organismes nuisibles, rester neutres pour les matériaux qu'ils protègent, et respecter les contraintes environnementales. » Bref, assainir la nature.
Source : Ouest-france.fr